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Développer un artiste à l’international sans brûler les étapes

  • Photo du rédacteur: Xavier NORINDR
    Xavier NORINDR
  • 9 avr.
  • 3 min de lecture

Dans la musique, “faire de l’international” est probablement l’une des formules les plus utilisées et les plus floues.


On y met tout : l’export, les showcases, les tournées, la synchro, les partenaires étrangers, la sous-édition, les festivals, les marchés professionnels, et parfois même une forme de validation symbolique. Pourtant, l’international n’est pas une stratégie en soi. C’est un espace de développement. Et avant d’y aller, encore faut-il savoir pourquoi, où, avec qui et pour quoi faire.


C’est un point sur lequel je reviens souvent : vouloir “se développer à l’international” sans objectif précis conduit rarement à quelque chose de solide.


La première étape consiste donc à sortir de l’idée générale pour poser des questions beaucoup plus simples.


Quel territoire veut-on viser ?

Pour quel objectif ?

Avec quel niveau de préparation ?

Et avec quels relais ?


Un projet peut vouloir développer son live en Allemagne, chercher des opportunités de synchro, ouvrir le sujet du publishing, créer des connexions avec des sous-éditeurs, ou simplement tester la réception d’un répertoire sur certains marchés. Ce ne sont pas les mêmes logiques. Et surtout, ce ne sont pas les mêmes interlocuteurs.


À mon sens, le développement international devient utile quand il cesse d’être un horizon flou et qu’il devient un travail de ciblage.


Cela suppose de faire trois choses correctement.


D’abord, choisir les bons territoires.

Tous les marchés ne se valent pas pour tous les projets. Il faut regarder la compatibilité artistique, les relais disponibles, les opportunités concrètes, le niveau de concurrence, et la capacité réelle de suivi.


Ensuite, identifier les bons interlocuteurs.

Bookers, agents, sous-éditeurs, superviseurs musicaux, structures d’accompagnement, programmateurs, partenaires institutionnels : l’enjeu n’est pas de rencontrer “du monde”, mais les bonnes personnes au bon moment.


Enfin, préparer le travail de représentation.

Je vois souvent des projets aller sur des événements professionnels avec l’idée que la simple présence suffira. En réalité, la valeur se crée avant et après. Avant, dans le ciblage et le pitch. Après, dans le suivi, les relances et la capacité à transformer une prise de contact en vraie piste de développement.


C’est là que les événements professionnels peuvent devenir utiles ou parfaitement stériles.


Reeperbahn, c/o pop, Tallinn Music Week, SoundTrack_Cologne, Linecheck et d’autres rendez-vous du même type ne sont pas intéressants parce qu’ils sont “importants”. Ils sont intéressants quand on sait exactement ce qu’on vient y chercher.


Dans certains accompagnements, j’ai justement travaillé sur ce type de sujets : développement du réseau international, recherche de partenaires ou de sous-éditeurs, représentation sur des événements-clés, mise en relation sur certains territoires, mais aussi ouverture d’opportunités pour les artistes et pour la synchronisation de musique à l’image.


Le cas de Chancy Publishing illustre bien cette logique. Le travail mené ne se limitait pas à “être présent à l’international”, mais à construire des relais concrets : recherche de sous-éditeurs sur certains marchés, développement de connexions pour les artistes à l’étranger, notamment en Allemagne, et présence ciblée sur des événements pertinents pour les enjeux de publishing et de synchro.


C’est d’ailleurs un point que je trouve essentiel : l’international n’est pas un sujet unique.

C’est souvent la combinaison de plusieurs dimensions :

  • réseau,

  • représentation,

  • publishing,

  • live,

  • synchro,

  • et partenaires.


Vouloir tout traiter en même temps sans hiérarchie est souvent contre-productif.


Le bon développement international repose davantage sur la pertinence que sur l’ampleur.

Mieux vaut trois marchés bien travaillés qu’une présence vague sur huit territoires.

Mieux vaut dix rendez-vous bien préparés que cinquante conversations sans suite.

Mieux vaut une stratégie ciblée qu’un récit ambitieux sans infrastructure derrière.


Dans la musique, l’international récompense rarement l’agitation.Il récompense davantage la cohérence, la constance et la qualité de relation.


Et c’est précisément pour cela qu’il faut le penser comme une stratégie de développement, pas comme un mot magique.



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